Peut-on capter l’attention des apprenants plus de 20 minutes ?

Citron

Temps de lecture : 3 minutes

Les chiffres diffèrent selon les sources, selon les époques et selon l’interprétation que l’on veut faire des différentes études qui ont été publiées sur le sujet : l’attention humaine ne dépasserait pas 20 minutes. Ce chiffre s’appuie autant sur les nombreuses études plus ou moins fiables qui ont été faites que sur les observations réalisées sur différents groupes d’apprenants. La concentration et l’attention déclineraient même à partir de 10-15 minutes. Les célèbres conférences TED dispensées un peu partout dans le monde imposent d’ailleurs maintenant un format de 18 minutes maximum, pour ces raisons précises. Dans le monde de la formation, on s’adapte aussi à ce schéma en proposant de courts modules en rapid-learning et autre micro-learning. Bien sûr, il est plus simple et donc plus efficace de retenir l’attention de ses apprenants pendant 3 minutes plutôt qu’1 heure. Pourtant, certains sujets, très vastes, ne peuvent être développés en si peu de temps. Alors les formateurs sont-ils condamnés à trouver le moyen de compresser l’étendu de chaque sujet en moins de 20 minutes ou existe-t-il d’autres méthodes pour retenir l’attention des apprenants pendant davantage de temps ?

« Toutes les études sur le sujet indiquent aussi que l’attention varie en fonction de la complexité du contenu, de sa pertinence pour l’apprenant (…) »

Il suffit d’observer les comportements des apprenants, en particulier les plus jeunes, pour constater qu’ils sont plus dissipés qu’attentifs : ils discutent, consultent les réseaux sociaux, échangent des SMS et sont souvent plus intéressés par leurs équipements numériques que par ce qui se passe dans la classe. Obtenir leur attention, donc leur engagement, devient de plus en plus difficile.

Une étude assez récente a tout de même démontré que la période maximale d’attention des êtres humains se situait plutôt entre 45 minutes et 1 heure, justifiant ainsi le format standard de nombreux faits culturels : émissions de télé, services religieux, albums de musique, épisodes de série TV, etc. Mais toutes les études sur le sujet indiquent aussi que l’attention varie en fonction de la complexité du contenu, de sa pertinence pour l’apprenant, de la façon dont l’environnement stimule ou non sa concentration.

Une étude américaine menée principalement par Diane M. Bunce, consistant à faire appuyer des étudiants sur différents boutons pendant un cours de chimie selon qu’ils se considéraient comme attentifs ou non, a, quant à elle, mis en évidence le fait que les étudiants ne s’engageaient pas dans des niveaux d’attention constants, et donc non associables à une courbe rectiligne, mais plutôt allaient et venaient entre des phases d’attention et d’inattention tout au long de leur cours.

Une autre étude de Stuart et Rutherford a tenté de discerner l’attention des étudiants en médecine britanniques en demandant aussi aux étudiants quel était leur niveau d’attention toutes les 5 minutes pendant une conférence, sur une échelle de 1 à 9. Les résultats ont montré que l’attention augmentait rapidement pendant les 10 à 20 premières minutes, puis diminuait lentement et régulièrement jusqu’à la fin de la conférence de 50 minutes. La durée d’attention a diminué après 20 minutes, mais la baisse a été lente et n’est jamais descendue en-dessous du niveau d’attention initial observé dans les premières minutes de la conférence. Fait intéressant, bien que le niveau d’attention au début d’une conférence ne diffère pas entre les étudiants en médecine de 2e et de 5e années, le niveau d’attention observé à la fin du cours était significativement plus élevé pour les étudiants de 5e année que pour les étudiants de 2e année. Les étudiants en médecine ont-ils appris d’une manière ou d’une autre à faire plus attention en classe ? Les étudiants seniors ont-ils acquis de nouvelles compétences et techniques pour leur permettre d’être vigilants pendant de plus longues périodes que leurs collègues juniors ? En réalité, un examen des données montre que toute la différence entre les étudiants de 2e et de 5e année était due au fait que la conférence pour les étudiants de 5e année était dispensée par un enseignant plus expérimenté que celui qui animait le cours aux étudiants de 2e année. Ainsi, les différences d’attention semblent être liées aux styles des enseignants eux-mêmes et non aux capacités individuelles de l’étudiant à rester attentif.

« S’il existe bien une limite d’attention des apprenants située entre 10 et 50 minutes selon les sources, celle-ci ne semble pas être une fatalité »

Il apparait donc, à travers ces différentes études, que s’il existe bien une limite d’attention des apprenants située entre 10 et 50 minutes selon les sources, celle-ci ne semble pas être une fatalité. Le rôle de l’enseignant occuperait une place déterminante dans l’obtention de l’attention des apprenants et dans la quantité d’informations retenues par ces derniers. La maitrise d’un maximum de techniques permettant de retenir cette attention s’avère donc fondamentale dans l’approche pédagogique du formateur.

Chez DNL Digital, nous sommes conscients de cette problématique, et nos formations sont construites en tenant compte de ce besoin de captiver les apprenants. Ainsi, nous mettons en œuvre dans chacune de nos formations des stratégies permettant de capter leur attention et donc d’élaborer des modules de formation plus longs et plus complets.

Dans un prochain article, nous vous listerons certaines de ces méthodes.

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À propos de l'auteur :
Christopher DREAN-MORETTI
Christopher DREAN-MORETTI
Après avoir été référent technique, formateur puis Digital Learning Manager dans une grande société spécialisée dans les domaines du bâtiment et de l’immobilier, il met désormais cette expérience au service de DNL DIGITAL qu’il a cofondée et où il applique des solutions ludiques et pédagogiques permettant de placer l’apprenant au cœur de sa formation.
Christopher DREAN-MORETTI
Christopher DREAN-MORETTI
Après avoir été référent technique, formateur puis Digital Learning Manager dans une grande société spécialisée dans les domaines du bâtiment et de l’immobilier, il met désormais cette expérience au service de DNL DIGITAL qu’il a cofondée et où il applique des solutions ludiques et pédagogiques permettant de placer l’apprenant au cœur de sa formation.
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